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title: "De la réanimation à la rééducation : quand et comment commencer"
description: "Pourquoi les patients ne marchent pas après la réanimation, le syndrome post-réanimation, quand la rééducation peut commencer et comment planifier un transfert."
date: 2026-10-24
lastmod: 2026-11-02
canonical: https://drmotiva.com/fr/articles/icu-to-rehabilitation/
lang: fr
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# De la réanimation à la rééducation : quand et comment commencer

Beaucoup de patients qui quittent la réanimation, pour un service ou pour le domicile, ne peuvent ni se tenir debout ni marcher et se fatiguent vite. C’est souvent une conséquence de la maladie grave elle-même, qui peut être prise en charge par une rééducation adaptée. Cette page explique pourquoi, quand la rééducation peut commencer et comment planifier la transition.

## Pourquoi les patients ne marchent pas après la réanimation

- **Faiblesse acquise en réanimation :** la maladie grave, le sepsis, la ventilation mécanique prolongée et l’immobilité peuvent léser les muscles (myopathie de réanimation) et les nerfs (polyneuropathie de réanimation). Elle touche une part importante des patients ventilés [1].
- **Déconditionnement :** chaque jour au lit réduit la masse musculaire, la condition cardiovasculaire et l’équilibre.
- **L’affection sous-jacente :** un AVC, une lésion cérébrale hypoxique ou une atteinte médullaire affectent la marche en eux-mêmes.
- **Raideurs articulaires, escarres et chute de tension en position debout** (hypotension orthostatique) rendent la station debout difficile.

Pour aller plus loin : le [guide « Lésion cérébrale acquise »](https://drmotiva.com/fr/guides/brain-injury/) et les articles [Lésion cérébrale hypoxique : causes, symptômes et récupération](https://drmotiva.com/fr/articles/hypoxic-brain-injury/) et [Traumatisme crânien et lésion cérébrale traumatique : symptômes et rééducation](https://drmotiva.com/fr/articles/traumatic-brain-injury/).

## Le syndrome post-réanimation en bref

Le syndrome post-réanimation (PICS) désigne des problèmes physiques, cognitifs et psychiques nouveaux ou aggravés après une maladie grave [2]. Des études de suivi à long terme montrent que les limitations physiques peuvent persister des années après une insuffisance respiratoire sévère [3].

## Quand un patient est-il prêt pour la rééducation ?

La rééducation commence en réalité en réanimation. Une kinésithérapie et une ergothérapie précoces chez des patients ventilés ont amélioré le retour à l’autonomie fonctionnelle à la sortie de l’hôpital et raccourci le délire [4]. Après le transfert en service, les conditions habituelles sont :

- Respiration, circulation et température stables
- Infection contrôlée
- Vigilance suffisante pour participer aux exercices, même brièvement
- Accord de l’équipe pour un programme d’intensité progressive

Chez les patients neurologiques (AVC, hémorragie cérébrale, lésion cérébrale), l’indication d’un programme spécialisé de neuro-rééducation est évaluée dès que le patient est médicalement stable ; une rééducation pluridisciplinaire est recommandée chez l’adulte ayant une lésion cérébrale acquise [5]. Voir [Lésions cérébrales](https://drmotiva.com/fr/guides/brain-injury/) et [AVC](https://drmotiva.com/fr/guides/stroke/).

## Ce qui se passe dans les premières semaines de rééducation

- Positionnement, mobilisation articulaire et exercices respiratoires
- Travail de la position assise, du lever et de la station debout
- Renforcement et endurance
- Marche assistée et, si adaptée, marche robotisée ([Rééducation robotisée](https://drmotiva.com/fr/articles/robotic-rehabilitation/))
- Activités de la vie quotidienne, thérapies cognitives et de la parole et de la déglutition

## Déglutition, respiration, trachéotomie et GPE

Les troubles de la déglutition sont fréquents après une intubation prolongée et doivent être évalués en raison du risque d’inhalation. Chez les patients sortant avec une trachéotomie, la réduction de la canule et la décanulation sont planifiées avec l’équipe de rééducation. Une sonde de gastrostomie (GPE) peut être une solution temporaire si l’alimentation orale est insuffisante, la rééducation de la déglutition visant le retour à l’alimentation orale.

## Humeur, délire et soutien familial

Confusion (délire), troubles du sommeil, anxiété, dépression et symptômes de stress post-traumatique peuvent survenir après la réanimation [2]. Le moment où un patient « revient à lui » dépend de l’affection sous-jacente. Les familles peuvent aussi avoir besoin d’un soutien psychologique.

## Planifier un transfert, y compris depuis l’étranger

- Compte rendu de sortie, résumé de réanimation et liste des médicaments à jour
- Imagerie cérébrale ou médullaire (IRM, scanner, idéalement les fichiers d’images)
- Informations sur trachéotomie, GPE, sonde et escarres
- Résultats de cultures et statut infectieux
- Un accompagnement médical et un plan d’ambulance pour un transfert sûr

L’examen préalable de ces documents aide à décider de l’indication et du moment. Voir aussi [Neuro-rééducation à Istanbul](https://drmotiva.com/fr/articles/rehabilitation-in-istanbul/).

## Sécurité à domicile après la sortie

- Préparer les premières semaines à domicile avant la sortie : hauteur du lit, accès aux toilettes, chaise de douche et barres d’appui.
- Garder les aides à la marche à portée de main et supprimer les obstacles ; la faiblesse musculaire après la réanimation (faiblesse acquise en réanimation) augmente le risque de chute.
- Passer lentement de la position couchée à assise puis debout, car la tension peut baisser en se levant (hypotension orthostatique).
- Respecter la texture alimentaire et la position convenues si la déglutition a été touchée, et manger assis bien droit.
- Garder une liste écrite des médicaments et des rendez-vous.

Le programme à domicile est planifié par votre médecin spécialiste en médecine physique et de réadaptation et le kinésithérapeute, et progresse graduellement avec le retour de l’endurance.

## Quand consulter votre spécialiste MPR

Après la phase aiguë, le processus de rééducation est idéalement dirigé par un médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR). À domicile, consultez un spécialiste MPR si les progrès stagnent, si la fatigue, la douleur, un mauvais sommeil, des troubles de mémoire ou une baisse de moral affectent la vie quotidienne, ou en cas de chutes. Consultez en urgence en cas d’essoufflement, de douleur thoracique, de fièvre, de fausse route alimentaire ou de confusion soudaine.

## Questions fréquentes

**Quand un patient marchera-t-il après la réanimation ?** Cela dépend de la durée du séjour, de l’étendue de l’atteinte nerveuse et musculaire et de la maladie sous-jacente ; cela va de quelques semaines à plusieurs mois.

**L’incapacité à marcher après la réanimation est-elle définitive ?** La plupart des patients s’améliorent avec une rééducation adaptée. En cas d’atteinte nerveuse et musculaire sévère, la récupération peut prendre des mois et certaines limitations peuvent persister.

**Pourquoi les patients souffrent-ils psychologiquement après la réanimation ?** La maladie grave, le délire, le manque de sommeil et les expériences traumatisantes peuvent entraîner anxiété et dépression. Ces symptômes se traitent.

**Faut-il attendre la guérison complète pour commencer la rééducation ?** Non. Il est recommandé de commencer dès la stabilité médicale, avec l’accord du médecin et selon la tolérance du patient.

**Combien de temps dure la fatigue après la réanimation ?** Elle s’améliore souvent en quelques mois, mais chez certaines personnes elle dure un an ou plus. Une activité progressive et de bonnes habitudes de sommeil aident.

**Les troubles de mémoire et de concentration sont-ils normaux après la réanimation ?** Ils sont fréquents après une maladie grave et s’améliorent souvent. Des troubles persistants doivent être évalués afin de proposer un soutien ciblé.

## Évaluation et contact

Vous pouvez demander un rendez-vous ou un deuxième avis sur vos comptes rendus et examens d’imagerie : [Contact et deuxième avis (WhatsApp)](https://drmotiva.com/go/wa?l=fr&t=&loc=inline_contact&p=%2Ffr%2Farticles%2Ficu-to-rehabilitation%2F). Cette page fournit des informations générales de santé. Le diagnostic et les décisions thérapeutiques sont pris individuellement, après examen.

## Sources

1. Vanhorebeek I, et al. ICU-acquired weakness. Intensive Care Med. 2020. [PMID: 32076765](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32076765/)
2. Needham DM, et al. Improving long-term outcomes after discharge from intensive care unit: report from a stakeholders’ conference. Crit Care Med. 2012. [PMID: 21946660](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21946660/)
3. Herridge MS, et al. Functional disability 5 years after acute respiratory distress syndrome. N Engl J Med. 2011. [PMID: 21470008](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21470008/)
4. Schweickert WD, et al. Early physical and occupational therapy in mechanically ventilated, critically ill patients: a randomised controlled trial. Lancet. 2009. [PMID: 19446324](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19446324/)
5. Turner-Stokes L, et al. Multi-disciplinary rehabilitation for acquired brain injury in adults of working age. Cochrane Database Syst Rev. 2015. [PMID: 26694853](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26694853/)
