Kinésithérapie et rééducation dans la maladie de Parkinson
La maladie de Parkinson est une affection neurologique évolutive qui provoque lenteur des mouvements, raideur, tremblement et troubles de l’équilibre, ainsi que des symptômes non moteurs [2]. Les médicaments prescrits par le neurologue améliorent de nombreux symptômes ; la kinésithérapie et la rééducation les complètent.
Problèmes traités par la kinésithérapie
- Lenteur et réduction de l’amplitude des mouvements
- Troubles de la marche, petits pas traînants et enrayage cinétique (freezing)
- Troubles de l’équilibre et chutes
- Modifications posturales
- Baisse de la condition physique et difficultés aux transferts
Pour aller plus loin : le guide « Maladies neurologiques » et les articles Neuro-rééducation à Istanbul : guide pour les patients internationaux et leurs familles et Traumatisme crânien et lésion cérébrale traumatique : symptômes et rééducation.
Que montrent les données ?
Une revue Cochrane a montré que la kinésithérapie améliore la vitesse de marche, l’équilibre et les scores moteurs par rapport à l’absence d’intervention [1]. Les recommandations sur l’exercice préconisent un entraînement régulier d’endurance, de renforcement et d’équilibre chez les personnes atteintes de Parkinson [3]. Techniques utiles :
- Entraînement aux mouvements de grande amplitude
- Indiçage (sons rythmiques ou repères visuels) pour surmonter le freezing
- Entraînement de l’équilibre et prévention des chutes
- Tapis roulant et renforcement musculaire
Qu’est-ce que la maladie de Parkinson
La maladie de Parkinson est une affection neurologique lentement évolutive dans laquelle les cellules nerveuses qui produisent la dopamine (un messager chimique qui aide à contrôler le mouvement) diminuent progressivement. Les principaux signes moteurs sont la bradykinésie (lenteur et réduction de l’amplitude des mouvements), la rigidité (raideur), le tremblement de repos et, plus tard, des troubles de l’équilibre et de la posture. Les symptômes non moteurs sont tout aussi importants : troubles du sommeil, constipation, baisse de tension en position debout, diminution de l’odorat, fatigue, douleurs, changements d’humeur et ralentissement de la pensée.
Évolution habituelle
La maladie progresse généralement sur de nombreuses années, à un rythme très variable selon les personnes. Au début, les symptômes sont souvent légers et d’un seul côté. Plus tard, la marche devient plus lente avec des pas plus courts, les demi-tours deviennent plus difficiles et certaines personnes présentent un freezing de la marche (sensation soudaine et brève que les pieds sont collés au sol), surtout dans les passages de porte ou lors des demi-tours. L’effet des médicaments peut fluctuer au cours de la journée. Les objectifs de rééducation évoluent donc : maintenir la condition physique au début, puis compenser les troubles de l’équilibre et de la marche, puis soutenir la sécurité et l’autonomie.
L’évaluation en rééducation
Votre spécialiste en médecine physique et de réadaptation (MPR) évalue la vitesse de marche et la longueur du pas, les demi-tours, l’équilibre, les antécédents de chutes, le freezing, la posture, la souplesse, la force, l’endurance, la fonction de la main, la parole et la déglutition, ainsi que l’évolution des symptômes selon l’horaire des médicaments. Il est utile d’apporter la liste des médicaments et leurs heures de prise et, si possible, une courte vidéo des moments difficiles, comme un freezing à domicile.
Le traitement en termes généraux
- Exercice aérobie et renforcement : exercice régulier d’intensité modérée, comme la marche rapide, le vélo ou l’entraînement sur tapis.
- Entraînement aux mouvements de grande amplitude : pratiquer des mouvements amples et volontaires pour contrer la tendance des mouvements à devenir petits.
- Stratégies d’indiçage : sons rythmés, comptage ou lignes visuelles au sol pour démarrer la marche et surmonter le freezing.
- Entraînement de l’équilibre et prévention des chutes, y compris l’apprentissage des demi-tours et du relevé du sol.
- Orthophonie pour une voix faible, une parole peu claire ou des troubles de la déglutition.
- Ergothérapie pour l’habillage, l’écriture et les aménagements du domicile.
Le traitement médicamenteux par le neurologue et la rééducation se complètent. Le programme global de rééducation est idéalement dirigé et conseillé par un médecin MPR, les exercices étant planifiés par votre médecin spécialiste en médecine physique et de réadaptation et le kinésithérapeute.
Sécurité à domicile et rôle de la famille
- Retirer les tapis glissants et les objets encombrants, surtout sur le trajet vers les toilettes ; utiliser des veilleuses.
- Installer des barres d’appui et utiliser un rehausseur de toilettes ou une chaise de douche si nécessaire.
- Laisser du temps ; se presser augmente souvent le freezing. Un indice calme comme « grand pas » peut aider.
- Prévoir les activités exigeantes aux moments où les médicaments agissent le mieux.
- Encourager l’exercice quotidien et les activités sociales ; les faire ensemble favorise la régularité.
- Se lever lentement et boire suffisamment en cas de vertige en position debout.
Quand consulter votre spécialiste MPR
Demandez un avis en cas de chutes ou de quasi-chutes, d’aggravation du freezing, de posture voûtée ou penchée, de nouvelles difficultés de déglutition ou de parole, de perte d’autonomie dans les tâches quotidiennes, ou si vous souhaitez commencer ou adapter un programme d’exercices. Consultez un spécialiste MPR qui pourra guider la rééducation et les traitements de soutien en lien avec votre neurologue.
Questions fréquentes
Quand commencer la kinésithérapie ? Tôt, idéalement peu après le diagnostic, pour construire et maintenir la condition physique et de bonnes habitudes de mouvement.
L’exercice peut-il ralentir la maladie ? L’exercice améliore clairement la fonction et le bien-être ; son effet sur la progression est encore à l’étude. Voir aussi Neuropathie périphérique.
À quelle fréquence faire de l’exercice ? La plupart des recommandations conseillent de faire de l’exercice la plupart des jours de la semaine, en associant endurance, renforcement, équilibre et souplesse. Le programme doit être adapté à votre stade et à votre sécurité.
Que faire quand mes pieds se bloquent ? Arrêtez-vous, redressez-vous, transférez votre poids, puis repartez avec un grand pas volontaire, en utilisant un rythme ou une ligne au sol comme repère. Ces stratégies s’apprennent en rééducation.
Évaluation et contact
Vous pouvez demander un rendez-vous ou un deuxième avis sur vos comptes rendus et examens d’imagerie : Contact et deuxième avis (WhatsApp). Cette page fournit des informations générales de santé. Le diagnostic et les décisions thérapeutiques sont pris individuellement, après examen.
Sources
- Tomlinson CL, et al. Physiotherapy versus placebo or no intervention in Parkinson’s disease. Cochrane Database Syst Rev. 2013. PMID: 24018704
- Bloem BR, et al. Parkinson’s disease. Lancet. 2021. PMID: 33848468
- Kim Y, et al. Exercise Training Guidelines for Multiple Sclerosis, Stroke, and Parkinson Disease: Rapid Review and Synthesis. Am J Phys Med Rehabil. 2019. PMID: 30844920