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title: "Spasticité après un AVC : causes et traitement"
description: "La spasticité est une raideur musculaire qui apparaît souvent après un AVC. Pourquoi elle survient, quand la traiter et les options disponibles."
date: 2026-10-24
lastmod: 2026-11-02
canonical: https://drmotiva.com/fr/articles/spasticity-after-stroke/
lang: fr
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# Spasticité après un AVC : causes et traitement

La spasticité est une augmentation du tonus musculaire qui rend les muscles raides et résistants au mouvement, surtout lors d’un étirement rapide. Elle apparaît chez une part importante des patients dans les semaines et mois suivant un AVC, touchant typiquement les fléchisseurs du coude, du poignet et des doigts ainsi que les muscles du mollet.

## Pourquoi la spasticité apparaît-elle ?

L’AVC endommage les voies qui contrôlent normalement les réflexes de la moelle épinière. Sans ce contrôle, le réflexe d’étirement devient excessif. La spasticité n’est pas toujours nuisible : certains patients utilisent la raideur de la jambe pour se tenir debout. Un traitement est nécessaire lorsqu’elle provoque des douleurs, limite la fonction ou les soins, ou entraîne des rétractions.

Pour aller plus loin : le [guide « Accident vasculaire cérébral »](https://drmotiva.com/fr/guides/stroke/) et les articles [Rééducation après un AVC : AVC ischémique et hémorragique](https://drmotiva.com/fr/articles/stroke-rehabilitation/) et [Douleur d’épaule après un AVC : causes et traitement](https://drmotiva.com/fr/articles/shoulder-pain-after-stroke/).

## Options de traitement

Le traitement est planifié individuellement après examen [3] :

- **Étirements, positionnement et attelles** pour maintenir la longueur musculaire
- **Kinésithérapie et entraînement orienté vers des tâches** pour améliorer le contrôle actif
- **Injections de toxine botulique de type A** dans des muscles choisis ; les méta-analyses montrent une réduction de la spasticité du membre supérieur [1, 2]. L’effet est temporaire et associé à la thérapie.
- **Médicaments oraux** comme le baclofène ou la tizanidine pour une spasticité étendue, limités par des effets indésirables comme la somnolence
- Stimulation électrique et, dans certains cas, options chirurgicales ou intrathécales

## Qu’est-ce que la spasticité

La spasticité est une augmentation du tonus musculaire dépendante de la vitesse (le muscle résiste d’autant plus qu’il est étiré rapidement). Après un AVC, elle apparaît souvent dans les semaines ou les mois qui suivent, typiquement au niveau des fléchisseurs du coude, du poignet et des doigts (les muscles qui plient les articulations) et des muscles du mollet. Elle peut être légère et à peine perceptible, ou assez forte pour provoquer des douleurs, une main crispée, un pied tourné vers l’intérieur ou des difficultés pour la toilette et l’habillage.

## Évolution habituelle

Le tonus est souvent bas (flasque) juste après l’AVC et peut augmenter au cours des semaines suivantes. Chez beaucoup de personnes, la spasticité atteint son maximum dans les premiers mois puis se stabilise. Son intensité peut varier d’un jour à l’autre : douleur, vessie pleine, constipation, irritation cutanée, infection, froid, fatigue et stress l’aggravent souvent. Une augmentation brutale doit donc faire rechercher un tel facteur déclenchant.

## Comment la spasticité est évaluée

Votre médecin spécialiste en médecine physique et de réadaptation (MPR) examine le tonus au repos et pendant le mouvement, l’amplitude articulaire, la douleur, la posture et l’effet sur les gestes du quotidien. Des échelles cliniques simples, comme l’échelle d’Ashworth modifiée (un score de 0 à 4 de la résistance à l’étirement passif), aident à suivre l’évolution. La question clé n’est pas seulement « à quel point le muscle est-il raide ? » mais « la raideur pose-t-elle un problème, et quel objectif le traitement doit-il servir ? » Une certaine spasticité peut même aider, par exemple en soutenant une jambe faible en position debout.

## Le traitement en termes généraux

Le traitement est planifié par étapes et les moyens sont combinés plutôt qu’utilisés seuls :

- **Étirements et positionnement quotidiens** pour conserver l’amplitude articulaire et prévenir les rétractions (raccourcissement permanent des muscles et tendons).
- **Exercices actifs orientés vers la tâche** avec votre médecin spécialiste en médecine physique et de réadaptation et le kinésithérapeute, afin que le membre soit utilisé dans des mouvements utiles.
- **Attelles et orthèses** (appareils de soutien), par exemple une attelle de repos de la main ou une orthèse cheville-pied.
- **Médicaments par voie orale** dans certains cas ; les effets indésirables comme la somnolence doivent être pesés.
- **Injections de toxine botulique** dans des muscles hyperactifs précis, généralement suivies d’exercices ciblés et d’attelles pour profiter de la période de tonus réduit.
- Rarement, d’autres procédures spécialisées pour une spasticité sévère et étendue.

Après les soins hospitaliers aigus, l’ensemble du processus est idéalement dirigé et conseillé par un médecin MPR, qui fixe les objectifs et coordonne la rééducation et les traitements de soutien.

## Ce que la famille peut faire à domicile

- Aider au programme d’étirements chaque jour, lentement et sans forcer une articulation.
- Placer le bras atteint soutenu sur un coussin et éviter de tirer sur l’épaule faible.
- Surveiller les facteurs déclenchants : constipation, problèmes urinaires, zones d’appui sur la peau, chaussures trop serrées.
- Vérifier l’absence de rougeurs ou de marques de pression sous les attelles.
- Encourager l’utilisation de la main et de la jambe atteintes dans les activités quotidiennes, selon les conseils reçus.

## Quand consulter votre spécialiste MPR

Demandez un avis si la raideur augmente, provoque des douleurs ou des problèmes cutanés, rend la toilette ou l’habillage difficiles, si la main ou le pied se fige dans une position, ou si la spasticité s’aggrave brutalement. À domicile, consultez un spécialiste MPR qui pourra guider la rééducation et les traitements de soutien.

## Questions fréquentes

**La spasticité signifie-t-elle que la récupération s’est arrêtée ?** Non. Elle traduit des changements du contrôle moteur, pas la fin de la récupération.

**Combien de temps agit une injection de toxine botulique ?** Généralement plusieurs mois. Son intérêt dépend de son association aux étirements et à la thérapie active. Voir aussi [Hémiplégie](https://drmotiva.com/fr/articles/hemiplegia/).

**La spasticité peut-elle apparaître des mois après un AVC ?** Oui. Elle peut se développer progressivement en quelques semaines à quelques mois ; un suivi régulier est donc utile même si le membre était initialement flasque.

**Faut-il traiter toute spasticité ?** Pas nécessairement. Le traitement vise des objectifs précis comme moins de douleur, des soins plus faciles ou une meilleure fonction ; une spasticité légère sans gêne peut seulement être surveillée.

## Évaluation et contact

Vous pouvez demander un rendez-vous ou un deuxième avis sur vos comptes rendus et examens d’imagerie : [Contact et deuxième avis (WhatsApp)](https://drmotiva.com/go/wa?l=fr&t=&loc=inline_contact&p=%2Ffr%2Farticles%2Fspasticity-after-stroke%2F). Cette page fournit des informations générales de santé. Le diagnostic et les décisions thérapeutiques sont pris individuellement, après examen.

## Sources

1. Dong Y, et al. Efficacy and safety of botulinum toxin type A for upper limb spasticity after stroke or traumatic brain injury: a systematic review with meta-analysis and trial sequential analysis. Eur J Phys Rehabil Med. 2017. [PMID: 27834471](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27834471/)
2. Jia S, et al. Botulinum Toxin Type A for Upper Limb Spasticity in Poststroke Patients: A Meta-analysis of Randomized Controlled Trials. J Stroke Cerebrovasc Dis. 2020. [PMID: 32305277](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32305277/)
3. Winstein CJ, et al. Guidelines for Adult Stroke Rehabilitation and Recovery: A Guideline for Healthcare Professionals From the American Heart Association/American Stroke Association. Stroke. 2016. [PMID: 27145936](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27145936/)
